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Anita Rochedy

"Je prends la mesure de l’année écoulée, des vies / caressées et puis perdues, des souvenirs / qui restent et qui piquent."

Anita Rochedy est une traductrice littéraire française qui vit en Suisse depuis bientôt vingt ans. Sa traduction des Huit montagnes, de Paolo Cognetti, a été distinguée par un prix Médicis étranger et un prix Terra Nova de la Fondation Schiller. Depuis leur rencontre aux bien nommées Rencontres de Bienne, en 2015, elle traduit également Yari Bernasconi, dont La Maison vide est le deuxième recueil à paraître en langue française.

© photo Tonatiuh Ambrosetti

Author's books

La Maison vide

24.00 CHF

« Un horizon de décombres mais aussi d’espérances, de poussières derrière lesquelles la lumière scintille : tel est le décor principal dans lequel se déploie la poésie de Yari Bernasconi, dont La Maison vide vient couronner le parcours déjà conséquent initié il y a plus de dix ans. La recherche poétique de Yari Bernasconi s’est toujours articulée autour de la double polarité de l’expérience concrète et de l’exploration d’une géographie et d’une histoire européennes marquées par la guerre et les ruines. « La Maison vide », qui donne le ton à ce recueil, renferme d’ailleurs toutes ces notes, dans une succession d’effondrements, d’apparitions fantasmatiques, de souvenirs et d’abandons. Le tout dans un langage sans apprêt, soigneusement contrôlé et attentif aux résonances plus intérieures des mots et des sons, qui transparaissent en sourdine, sans faire d’éclats, et confèrent à ces poèmes une musicalité particulière, murmurée et cassée. On entend, en ­arrière-plan, la grande leçon de Giorgio Orelli (dont Yari ­Bernasconi est un grand spécialiste) et la lecture assidue de la grande poésie du vingtième siècle. « Ce qui donne vie / à la vie : le flou, ­l’impur, ­l’impossible » : deux vers d’Autre correspondance qui condensent beaucoup de choses, unissant la « porosité » de la matière à la nécessité de cet impossible qu’on appelle espérance, voire utopie, et qui ­apparaît, parfois, « au bord d’un vieux et toujours nouveau / vertige. »

Fabio Pusterla