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Antoine Rubin

"Le soir tombait plus vite en septembre. Dans le garage, on parlait vite, les pupilles étaient rondes, presque dilatées. C’était une époque où les corps étaient proches. On se touchait beaucoup, on se prenait dans les bras pour un rien, parce qu’on avait un peu peur, aussi. Quelque chose pouvait toujours mal tourner. On n’était pas à l’abri de finir la nuit au poste et de dépuceler notre casier judiciaire. De se faire embarquer jusqu’à Berne pour se faire mettre à poil dans une cellule où l’on prendrait en photo chaque tatouage avec en prime notre ADN sur un coton tige. Mais on était confiants, on avait vingt-deux ans, on croyait à notre bonne étoile. Dehors la ville était un animal au sang chaud. Des sirènes ululaient dans la nuit. Et dans le secret des jardins, les arbres faisaient mûrir de gros fruits sucrés."

Antoine Rubin est né en 1990 à Saint-Imier. Il vit aujourd’hui à Bienne, écrit des textes, en fait des livres ou des performances, expérimente des dispositifs, participe à des expositions, est formé en anthropologie, utilise ses méthodes pour récolter du matériel, le restitue sous différentes formes, surtout par le récit, et parmi mille autres petites choses, entreprend volontiers la construction d’un feu pour passer la nuit dehors. Son travail d’écriture privilégie les méthodes ethnographiques alliées aux formes poétiques.

© photo A. Guerne

Author's books

Calcaires

30.00 CHF

De la chaîne du Jura à Uranium City dans la forêt boréale, trois promenades à la fois proches et lointaines aux allures d’investigation. Les histoires défilent mais sont toutes étrangement contenues par la même dorsale : un massif de calcaires. Une montagne grignotée par une carrière, des squats transformés en immeubles au béton clinquant, une ville dévastée par l’exploitation minière sont autant de lieux explorés par l’écrivain Antoine Rubin, qui interroge notre lien à la terre, nos façons de faire société au milieu de paysages abîmés. Avec une narration poétique et photographique, il capte des tentatives de vies collectives ainsi que des instantanés aux prises avec la mémoire et l’oubli. Comment habiter un monde, dès lors qu’il semble promis aux ruines ?

 

Illustration de couverture : Anaëlle Clot