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Eleonore Frey

"Ce que Lipp au fond ne veut pas, mais doit. Lipp aimerait pouvoir ne pas devoir. Jamais. Ni vouloir ni avoir à. Rien que se tenir dans le coin, aimerait Lipp, ou sous un arbre ; être un arbre ou son ombre."

Eleonore Frey, née en 1939 à Frauenfeld (Suisse), vit à Zurich où elle a enseigné la littérature. Commençant à écrire à cinquante ans, elle est devenue une figure essentielle des lettres suisses. Depuis plus de vingt ans, elle crée une œuvre à la prose innovante, caractérisée par une langue épurée et musicale. Ses récits explorent une quête personnelle, donnant la parole à des personnages en marge, souvent
réduits au silence et à la solitude. Son écriture se nourrit du décalage entre le langage qui tente de saisir le monde et une réalité fuyante. Son travail a été distingué par le Prix de la Fondation Schiller (2002), le Grand Prix Schiller ZKB (2007) et un Prix de littérature suisse pour En route vers Okhotsk, paru en français chez Quidam Editeur.

photo : © Hannes Schuepbach

Author's books

Ainsi va Lipp

28.00 CHF

À la gare de l’Est, « Madame » croise brièvement une personne sans nom ni toit. Troublée, elle imagine alors différents destins pour cet homme. Dans le roman qu’elle lui compose, puis à la suite de son regard qui cavale dans les rues de Paris, elle invoque le pouvoir de la littérature pour suivre ce Bartleby moderne. Dans une prose à la fois poétique et concrète, Eleonore Frey nous invite à écouter celleux que la société rend muet·te·s.

 

À la gare de l’Est, « Madame » croise brièvement une personne sans nom ni toit qui la trouble profondément. Elle tisse alors différents fils imaginaires et entreprend de reconstruire l’histoire de celui qu’on appellera Lipp. Dans le roman qu’elle lui compose, puis à la suite de son regard qui cavale dans les rues de Paris, elle invoque le pouvoir de la littérature pour suivre ce Bartleby moderne, qui ébranle nos certitudes et nos conventions. Par sa prose à la fois poétique et concrète, Eleonore Frey nous invite à tendre l’oreille lorsqu’une personne semble n’avoir plus rien à dire. Sa langue singulière et sensible s’évertue, par son refus des automatismes et des lieux communs, à réduire l’écart entre le langage et le monde.