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Megane Lederrey

"Je me sentais comme en prison. Pour de vrai. Tu te sens humain, mais pas comme les autres : prisonnier. C’est déprimant. Il y a trop de règles, par exemple, tu dois montrer ta carte pour manger comme un prisonnier. Tu es ici sans ta famille, tu as les raisons pour lesquelles tu es parti. Mais en plus, à chaque fois que tu veux faire quelque chose, tu ne peux pas. Si tu veux te couper les ongles, tu dois attendre qu’on te donne le coupe-ongles. Tu ne peux rien faire. Et puis il y a les horaires. Comme un prisonnier. Parmi les assistants et les sécu, il y en a qui sont sympathiques, mais d’autres n’ont aucun respect. Ils pensent que tu ne fais rien. Que tu n’es rien."

Megane Lederrey est anthropologue, spécialiste de l’asile et du droit des personnes étrangères. Après avoir œuvré à la défense des personnes sans papiers, elle travaille dans un hébergement d’urgence pour personnes sans domicile, puis co-fonde « la demeure », un espace socioculturel sur une friche urbaine. Elle y accompagne des personnes précarisées pour tenter de renforcer leur autonomie et leur autodétermination. Entre 2022 et 2024, elle co-dirige l’Observatoire romand du droit d’asile et des étranger-èrexs (ODAE romand) dont les publications allient témoignages et analyses critiques. Elle entreprend ensuite une enquête inédite sur les centres fédéraux d’asile, publiée aujourd’hui sous forme d’essai.

photo : © Vicky Althaus

Author's books

Les centres fédéraux d’asile

30.00 CHF

D’une réforme à l’autre, l’asile a progressivement dévié de sa vocation première de protection et de refuge. Dans les pays occidentaux, il est devenu un mécanisme d’enfermement des personnes exilées. Cette enquête nous plonge dans l’univers méconnu des centres fédéraux d’asile suisses (CFA), véritable industrie lucrative où l’État délègue encadrement et sécurité à des entreprises privées. On y déploie un arsenal de mesures sécuritaires : couvre-feu, fouilles corporelles, sanctions, exclusions. Les règles, jugées arbitraires exacerbent les tensions et vident de sens le travail des employé·es. Au travers d’une visite guidée de ces espaces fermés, inaccessibles au public et aux médias, cet essai nous dévoile le quotidien des résident·es, caractérisé par une promiscuité difficilement soutenable et une surveillance constante. Face à la violence institutionnelle des CFA, exilé·es et professionnel·les résistent pour préserver la dignité. En portant les voix que les autorités tentent de réduire au silence, l’essai s’inscrit dans leur lutte pour la reconnaissance. L’autrice entrelace diverses narrations, alternant analyses rigoureusement documentées et paroles directes sous couvert d’anonymat. Une plongée au cœur des CFA qui illustre comment les centres d’asile cristallisent le racisme.